La Guadeloupe attire les metteurs en scène. Une équipe de tournage est actuellement pour plusieurs semaines dans la commune de Deshaies, pour une série Britanique.
La réalisatrice Mariette Monpierre présente son premier long métrage tourné en Guadeloupe, "Le bonheur d'Elza".
Synopsis:
Malgré une pudeur mutique ancestrale, Bernadette a tout donné avec amour à ses deux filles. Rien n’est assez exceptionnel pour elles. Elza obtient avec brio sa maîtrise de mathématiques. C'est la première diplômée de la famille, une magnifique récompense pour sa mère qui pourtant exige encore plus de son aînée : l’agrégation. Mais sa fille ruine son bonheur en partant contre son gré en Guadeloupe. Est-ce donc la seule solution pour échapper à l'emprise de cet amour maternel forcené ou n'a t-elle pas tout simplement eu le courage d'avouer qu'elle est amoureuse? Qu’y a-t-il de si essentiel aux Antilles? Elza nous entraîne avec passion et obstination dans cette île lumineuse qui lui réserve bien des surprises. Voir la conférence de presse>>>
La réalisatrice, actrice Mariette Monpierre: Avec “Le Bonheur d’Elza”, j’ai posé la première pierre marquante de mon parcours de cinéaste. Ce film a été mon obsession et je me suis mise en danger pour qu’il devienne une réalité, après six années d’efforts et d’acharnement.
J’ai voulu que mon premier long métrage se déroule en Guadeloupe, terre de ma naissance et de mes origines. Je raconte une histoire enracinée dans la culture caribéenne et néanmoins universelle. Tourné en vingt cinq jours, ce film fut une expérience extrêmement violente et exaltante à vivre. L’enthousiasme dont j’ai fait preuve tout au long de ce défi a convaincu mes différents interlocuteurs. J’ai rencontré l’adhésion des acteurs, des techniciens, des sponsors et des institutions locales. Le Conseil Régional nous a accordé un financement substantiel et le Conseil Général nous a apporté un soutien logistique important en mettant à notre disposition le décors principal du film, une demeure coloniale de 1800. Cette maison nous a servi tout à la fois de lieu de tournage, de bureau de production et de lieu d’habitation. Le Centre Hospitalier de la ville de Basse Terre nous a offert plusieurs décors (les bureaux de M. Désiré, une chambre d’hôpital et un chantier). Les acteurs et les techniciens furent exemplaires de générosité et de professionnalisme. Ils n’ont pas ménagé leurs efforts et leurs talents pour donner au film le meilleur d’eux même. Et ils étaient extrêmement reconnaissants de l’opportunité que leur était donnée de s’exprimer, enfin, dans un film tourné en Guadeloupe par une guadeloupéenne sur un thème qui les interpellait. Ce film, à bien des égards, porte haut les couleurs de la Guadeloupe.Je suis Antillaise, élevée à Paris et je n’ai pas connu mon père. Il fut pour moi un étranger et je brûlais du désir secret de le rencontrer. C’était une obsession dont je devais me libérer. Un jour, j’ai osé aller vers lui et cette rencontre m’a transformé. Enfant, la plupart de mes amis antillais étaient de père inconnu. Il y avait une certaine solidarité entre nous. L’absence du père est un thème qui interpelle beaucoup le peuple caribéen. Je voulais donner la parole à une femme antillaise ; seules nous-mêmes pouvons honnêtement nous mettre à nu et ouvrir notre coeur pour révéler au monde ce que nous ressentons, subissons, acceptons et exposer les émotions et les douleurs de notre culture. Avant mon retour au pays natal, je ne connaissais pas mon histoire car j’avais appris à l’école que mes ancêtres étaient les Gaulois ! Loin d’avoir l’apparence d’une gauloise, je n’avais pourtant jamais mise en cause cette affirmation. Mes cheveux frisés, que ma mère nattait et enjolivait de beaux noeuds roses, ma peau chocolat au lait et une terrible nostalgie d’un ailleurs, créaient une confusion dans mon âme. En revanche, mon amour pour Georges Brassens, Léo Ferré, le foie gras, les croissants, Versailles, la langue de Molière hurlait l’évidence de ma culture française. J’étais bien le produit typique de l’école publique et laïque française de monsieur Jules Ferry. Quel beau mélange, pas si facile à assumer La Guadeloupe n’est pas seulement un petit paradis comme j’en rêvais à Paris, dans les murs de mon HLM, mais une terre complexe et remplie de défis. J’étais tout simplement Antillaise et il m’a fallu faire ce chemin de retour pour comprendre et accepter mes différences, mon originalité. En apprenant la vérité sur mon passé, mes ancêtres, mon père et pourquoi il m’avait abandonné, j’ai entamé une phase de reconstruction de moi-même. Désormais concernant mon père, je peux donner une autre définition au mot « abandon ». |