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    Transat Jacques Vabre

    Scénario improbable
    Lionel Lemonchois et Roland Jourdain (Prince de Bretagne) ont demandé assistance cet après-midi suite aux
    conditions météo qui se dégradent. Ils ont été hélitreuillés et rejoignent la terre ferme.
    . Une deuxième dépression et un anticyclone sur la route des
    36 duos
    .Match dans les 4 classes : Class40, Multi50, IMOCA 60’ et
    Ultime
    Il se passe des choses sur l’Atlantique. Des choses que les marins n’avaient pas forcément imaginées. La météo se montre un brin capricieuse sur cette 12e édition de la Transat Jacques Vabre, entre une dorsale (zone de vents mous) qui commence à s’installer barrant la route aux Ultimes à la latitude du cap Saint-Vincent, et un front groenlandais qui devrait engendrer du sud-ouest fort pour les IMOCA du nord. En bref, ça ralenti devant, et ça va encore naviguer penché et mouillé derrière !

    La bonne nouvelle pour les 36 tandems en course (Maître CoQ, Club 103, Edmond de Rothschild, Safran,
    Prince de Bretagne et Team Concise ayant abandonné ou

    POSITIONS

    Date : 27/10/15 - 18h00

    Class40
    1 - V and B
    2 - Le Conservateur
    3 - Bretagne Crédit Mutuel Elite

    Multi50
    1 - Ciela Village
    2 - Arkema
    3 - FenêtréA Prysmian

    Imoca
    1 - Queguiner - Leucemie Espoir
    2 - Le souffle du Nord
    3 - PRB

    Ultime
    1 - Sodebo
    2 - Macif
    3 - Actual
    Prince de Bretagne fait demi-tour), c’est qu’ils font désormais route vers le sud, ou le sud-ouest… bref vers l’objectif final : le Brésil !
    De Sodebo Ultim’ (Thomas Coville/Jean-Luc Nélias) le plus au sud, à Solidaires en Peloton ARSEP (Thibault Vauche-Camus/Victorien Erussard) le plus au nord, la flotte s’étale en longitude sur plus de 860 milles, soit 1 600 km. Autant dire que les scénarios météo sont bien différents.

    Coup de frein à la latitude de Gibraltar

    « Il y a des gros grains, ça passe de 14 à 33 noeuds, il faut réagir vite et tout choquer » racontait en fin de matinée à la vacation Jean-Luc Nélias, co-skipper de Sodebo Ultim’. Sur leurs albatros de plus de 30 mètres de long, les skippers affichent des vitesses de 25 noeuds le long
    des côtes portugaises. De quoi allonger la foulée… Mais les skippers, déjà stressés par ce temps à grains, ne sont pas prêts de rejoindre l’autoroute des alizés en toute sérénité. Rapidement, ils vont se retrouver stoppés par une dorsale bien installée entre les Açores et les côtes marocaines. Les chasseurs, François Gabart et Pascal Bidegorry sur leur trimaran Macif flambant neuf, vont peut être croquer du Sodebo Ultim’. 60 milles les séparent… Une miette de pain à l’échelle de l’Atlantique.

    Le souffle du nord… ouest !

    Les têtes brûlées du nord, qui depuis la sortie de la Manche pointaient leurs étraves sur Saint-Pierre et Miquelon, ont enfin mis le clignotant à droite ce midi, poussés par ce vent de nord-ouest qu’ils sont allés chercher à la force des bras. A ce petit jeu, SMA (Paul Meilhat /Michel Desjoyeaux) et Banque Populaire VIII (Armel Le Cléach’/Erwan Tabarly) ont perdu des plumes. A trop jouer, ils ont été ralenti dans l’oeil de la dépression. Pendant ce temps, Queguiner-Leucémie Espoir (Yann Eliès/Charlie Dalin) a mis un caramel à la flotte des nordistes. Tandis que Le Souffle du Nord (Thomas Ruyant/Adrien Hardy) réalise une magnifique opération. Mais, dès cette nuit, la dépression groenlandaise les contraindra à naviguer dans du sud- ouest fort… Diantre, ce ne sera donc jamais fini !

    Entre les deux, les quatre Multi50 continuent de tirer des bords dans un golfe de Gascogne chahuté par la houle atlantique et la mer du vent de sud-sud-ouest. Des conditions encore peu confortables dont le tandem Thierry Bouchard et Oliver Krauss sur Ciela Village se sort à merveille. Voilà des bizuths du multicoque qui, contre toute attente, font la nique aux favoris de la
    classe… Dans les bunkers et les talus du Golfe, les Imoca les plus prudents qui avaient choisi la route sud régatent à couteaux tirés : Hugo Boss (Alex Thomson/Guillermo Altadill) etBastide-Otio (Kito de Pavant/Yann Régniau) naviguent « collé-serré ». Même ambiance chez les Class40 dont les trajectoires diffèrent beaucoup, mais dont les distances au but sont très
    proches. Le match bat son plein entre Solidaires en Peloton ARSEP, Le Conservateur, Bretagne-Crédit Mutuel Elite, Aërendil et V and B. On comptera les points au passage du cap Finisterre dans une trentaine d’heures…

    Ils ont dit en mer ce midi :

    Pierre Brasseur, co-skipper du Conservateur (CLASS40) "Nous sommes au près débridé, Nous allons chercher la rotation vers l'ouest. On essaye de faire marcher le bateau, ça tape un peu. Il faut s'accrocher à l'intérieur, on a vite fait de traverser le bateau en vol plané. Depuis qu'on a passé le rail de Ouessant nous avons des conditions difficiles. Nous avons traversé la Manche assez rapidement avec les voiles de portant, depuis elles sont rangées dans leur sac et nous naviguons au près débridé sous deux ris-trinquette. Le pilote gère bien ses conditions, nous, nous sommes à l'abri sous la casquette pour régler les voiles en fonction des nuages. Ca mouille sérieusement sur le pont. Il y a quand même du soleil, même des arcs en ciel, j'avais l'impression que le pied était à côté du bateau. Ca va faire 24h qu’on essaye d’aller vite vers l’ouest pour ensuite partir vers le sud. Nous arrivons à nous mettre à l’abri, à régler les voiles. Les conditions sont plutôt sympas, il n'y a pas de pluie, le mer est plutôtjolie. Le virement de bord aura lieu dans l’après-midi,dans les 4-5 heures à venir. »


    Thibault Vauchel-Camus, skipper de Solidaires en
    Peloton ARSEP (CLASS40) "Ca va ! Nous sommes un peu secoués, un peu humides mais ça va. Ca cavale en tout cas ! Il y a 33 noeuds, unemer pas encore trop forte avec 3 m de creux. Le bateau vavite, et nous avons hâte de bifurquer et de mettre le capau sud. L’objectif était de gagner dans l’ouest, mais on nepensait pas avoir un décalage avec les gars de devant. On
    l’assume, on verra bien demain soir. Le virement de bordse fera en fin de journée. On est entre deux chaises, lesroutages disent que l’on passe au nord et d’autres au sud.
    Nous sommes un peu fatigués mais RAS à bord. Il vafalloir attendre 24 heures pour avoir des conditions plusagréables. On croise des dauphins, c'est super d'avoir unpeu de compagnie, une compagnie furtive, mais dansl’ensemble à bord ça va. C'est là qu’on voit le cotémasochiste du marin, même avec des conditions difficiles,on arrive à prendre du plaisir ! "


    François Gabart, skipper de Macif (ULTIME)
    "Je suis pas mal occupé, la mer est encore assez forte, le vent est assez instable. Nous avons pas mal de choses qui ne fonctionnent pas. Heureusement qu’on est deux, sinon je ne serais pas là à parler ! On essaye de tout remettre en place, ce sont surtout des problèmes électroniques. Le bateau dans la structure en général va super bien. On a essayé de naviguer prudemment, le bateau est léger, assez volage dès que le vent est instable, il faut se méfier.
    Je suis ravi de ce baptême du feu. Le vent a molli, nous avons encore une grosse houle, mais ça se gère bien, nousfilons vers le sud. Nous essayons de de nous dégager de
    cette zone un peu tumultueuse. Avec Pascal, nous nous entendons bien, nous faisons de belles manoeuvres ensemble, c’est juste génial. On commence à être un peu fatigué, mais juste ce qu’il faut pour se lancer dans la course. Sodebo a pris un peu d’avance, à la fois beaucoup
    et pas grand chose à l'échelle d'une transat. On verra bien dans quelques jours.

  • Mini Transat 2015

    Mini Transat îles de Guadeloupe
    Bon appétit Messieurs…
     
    • Début des ravitaillements en vue de la deuxième étape
    • Un équilibre à trouver entre l’utile et l’agréable
    • Plus que la nourriture, l’eau un enjeu majeur
    Ils commencent à avoir des fourmis dans les safrans. Les concurrents de la Mini Transat îles de Guadeloupe, après plus de trois semaines d’escale, sont impatients d’en découdre, de se coltiner enfin à cette traversée de l’Atlantique dont ils rêvent tous. Mais pour arriver en forme et lucide de l’autre côté de la mare aux canards, encore faut-il avoir bien gérer sa consommation de nourriture comme de boissons.

    « En 2013 je m’étais nourri principalement de lyophilisé… A l’arrivée en Guadeloupe, je me suis juré : jamais plus » Ludovic Méchin (Microvitae) a le mérite d’être clair. Pour lui, reconnaître l’odeur du terroir, satisfaire ses papilles sont autant d’aide à la performance. Sans plaisir du manger, le navigateur solitaire perd une part de son moral, si essentiel sur cette deuxième étape où le risque de naviguer coupé de tout lien à l’extérieur est présent dans toutes les têtes.

    Les saveurs du palais
    Dans l’ensemble, les coureurs essaient donc de trouver le juste équilibre entre plusieurs contraintes. Première d’entre elles, le poids. En Mini, l’intérêt du lyophilisé est moindre, dans la mesure où les coureurs n’embarquent pas de dessalinisateur. Le bilan tourne ainsi rapidement à l’avantage des plats appertisés sous vide, d’autant plus que le goût comme la texture sont plus proche des plats faits « comme à la maison ». Ce qui n’empêche pas d’embarquer quelques douceurs : à bord de Nautipark, Fred Denis a déjà pensé aux longues heures de solitude sur l’Atlantique : « j’ai trouvé un bon pain qui devrait se conserver plus d’une semaine, avec un peu de jamón serrano, des douceurs du style petites sucreries, des poudres énergisantes à mélanger parfois avec l’eau, histoire de varier les plaisirs… »
    Tous ne poussent pas le bouchon aussi loin, même si l’alimentation reste une préoccupation forte. Tanguy Le Turquais (Terréal) a fait venir toute sa nourriture, essentiellement des conserves sous vide, depuis la France. Tout est codifié, planifié pour respecter le fameux équilibre entre plaisir et efficacité. « Il faut aussi disposer d’aliments à grignoter tout de suite. Parfois, descendre à l’intérieur du Mini pour faire à manger est tout bonnement impossible. C’est pour çà que j’embarque pas mal de fruits secs. Et puis des pomelos ! Ça se conserve bien et c’est tellement bon d’avoir encore des fruits frais après plusieurs jours de mer » témoigne encore Ludovic Méchin. D’autres ont opté pour des solutions plus minimalistes tel Carl Chipotel (Gwadloop !) : « Pour moi, ce sera du lyophilisé, point barre ! J’attendrai d’être arrivé chez moi pour retrouver les saveurs des Antilles ».

    De l’eau, de l’eau
    Pour cette deuxième étape, les coureurs auront le droit d’embarquer 120 litres d’eau ou de liquides comestibles divers. Soit environ 6 litres d’eau par jour sur une base de 20 jours de course. Cela peut paraître important, mais tous les avis des médecins convergent : par forte chaleur, un skipper devrait boire entre trois et quatre litres d’eau par jour pour éviter de souffrir de déshydratation. En deçà, ce sont les facultés mentales qui s’érodent. Une déshydratation de 10% équivaudrait à un déficit de sommeil de plusieurs heures. Pour rester lucide, pensons à boire sans modération.

    La débrouille solidaire
    Ces trois semaines de pause à Lanzarote ont aussi permis aux coureurs de se connaître mieux, de nouer des liens différents que ceux que l’on peut avoir dans le feu de la préparation d’un départ ou juste à l’issue d’une course. Ici, les relations ont commencé à se construire dans la durée pour ceux qui sont restés sur place. C’est tel concurrent passant près des pontons de la Marina Lanzarote qui va spontanément vérifier l’amarrage d’un bateau concurrent, c’est tel autre qui échange ses informations météo et les premiers routages envisagés. On échange du matériel, on se donne des tuyaux, on file un coup de main pour vérifier une tête de mât ou procéder au carénage des coques. Des amitiés véritables se sont nouées pendant l’escale et c’est peut-être pour ceux qui sont repartis se ressourcer loin des Canaries que c’est le plus difficile de reprendre le fil. D’ici trois jours, tout sera revenu dans l’ordre.

     

    - 20e édition
    - 72 inscrits
    - 64 concurrents encore en course pour la 2e étape
    - 26 Mini 6.50 prototypes (classement Eurovia Cegelec) et 46 Mini 6.50 de série (Classement Ocean Bio-Actif)
    - 15 nationalités : 1 AUS, 2 BEL, 1 CHN, 7 ESP, 1 EST, 39 FRA, 3 GBR, 3 GER, 1 IRL, 6 ITA, 2 NED, 1 POL, 1 POR, 1 RUS, 3 SUI
    - 33 coureurs étrangers soit 45% de la flotte
    - 39 coureurs français, soit 55% de la flotte
    - 4 Femmes, 68 Hommes
    - Âge moyen : 33 ans
    - Le plus jeune : 22 ans au moment du départ / Quentin VLAMYNCK (FRA)
    - Le doyen : 56 ans au moment du départ / Carlos LIZANCOS (ESP)
    - Ils sont 52 à participer à la Mini Transat pour la première fois. 20 récidivistes dont 16 pour la 2e fois, et 4 pour la 3e fois.

    LE PARCOURS
    - 4020 milles = 7445 km la distance à parcourir
    - 2 étapes : Douanenez -> Lanzarote -> Pointe-à-Pitre
    - 1ere étape partie de Doaurnenez le 19 septembre et remportée par Davy Beaudart en prototype et Ian Lipinski en bateau de série.
    - Départ 2e étape Lanzarote le 31 octobre -----> 2770 milles -----> Pointe-à-Pitre arrivée prévue le 14 novembre
    - Au total, les marins passeront 28 jours / 4 semaines de mer en solitaire

     

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